Une 82ème traduction pour Harry Potter : le maori !

Après l’écossais (80ème) et l’hawaïen (81ème), la saga Harry Potter va franchir une étape supplémentaire de la barre qui la sépare des centaines de traductions officielles. La 82ème langue à lui ouvrir les bras sera le maori ! Le premier tome s’apprête en effet à prendre part à une initiative visant à promouvoir l’utilisation de ladite langue originaire de Nouvelle-Zélande et qui gagne progressivement la bataille contre sa disparition.

Le Spinoff rapporte que “la fiducie Kotahi Rau Pukapuka, en collaboration avec les éditions Auckland University Press, des groupes Iwi, le mécénat corporatif et privé, la Creative New Zealand [Nd’UHP : l’agence gouvernementale de la Culture en Nouvelle-Zélande] et le Te Mātāwai [Nd’UHP : le groupe de soutien de la langue maori], ont lancé une initiative pour traduire 100 romans populaires en maori au cours des dix prochaines années.” Le premier livre populaire de cette liste est L’École des Sorciers, sous le titre maori de Hari Pota me te Whatu Manapou (et la Pierre qui Maintient en Vie).

La nécessité de tel type de textes comme Harry Potter pour les locuteurs maoris devient de plus en plus importante. Le Spinoff affirme que “plus de 185 000 personnes en Nouvelle-Zélande parlent maori, et ce nombre est en constante augmentation selon les récentes données de recensement”. Cependant, ce groupe croissant de personnes n’a pas beaucoup d’options pour pratiquer leur langue via les romans de fantasy ou via leurs livres anglais préférés. Pour Pānia Papa, de la fiducie Kotahi Rau Pukapuka, l’adaptation en maori du premier tome de la saga et des 99 autres titres prévus “apportera à tous ceux qui apprennent [cette langue] et à tous ceux qui la maîtrisent déjà, des choses qu’ils pourront lire pour le plaisir plutôt que pour le besoin d’apprentissage et cela élargira leur champ d’imagination en maori, ce qui est une chose énorme sur le plan créatif.”

Ce travail de ré-écriture des 320 pages du premier tome a été proposé à Leon Blake, un enseignant et consultant en langue maori. Une tâche peu facile au vu des difficultés inhérentes d’une traduction mais surtout des propres difficultés du livre comme les rowlinguismes ou encore les mots et autres noms en pseudo-latin. Il s’attend à ce que cela lui prenne plus de six mois.

Mais avant tout, il annonce qu’il y aura déjà pour commencer “un Hari Pota hui [Nd’UHP : groupe d’étude] avant Décembre, pour trouver la meilleure façon de traduire certains de ces mots et phrases uniques !” Il est d’ailleurs à la recherche d’experts en maori et de Potterheads purs et durs, afin de l’aider à fournir la meilleure traduction qui soit aux lecteurs et aux apprenants de la langue. “Nous voulons essayer de garder l’intégrité de la langue maori, tout en essayant de transposer la sonorité et le sens du mot le plus proche possible de celui du livre en anglais.”, ajoute-t-il.

Si les noms propres seront plus simples à trouver, dans la mesure où il y a une certaine liberté créative pour créer de nouveaux mots, ce sera plus complexe pour les sortilèges et mots latins (comme Expecto Patronum signifiant J’attends un Protecteur).

Notez ainsi qu’ils ont déjà trouvé certains noms comme pour Dumbledore qui devient le professeur “Tamaratoa”. Hagrid devient quant à lui “Hākari”, ce qui signifie à la fois festoyer, divertir mais aussi plein de cheveux. En tant qu’homme hospitalier et poilu, le nom “Hākari” semble donc plutôt bien convenir au garde-chasse.
En ce qui concerne les sortilèges, Blake pense puiser dans le folklore des Rūanuku [Nd’UHP : sorciers, manitous] et notamment leur linguistique comme les Karakia [Nd’UHP : incantations et prières pour invoquer des guides spirituels et protecteurs] où l’on trouve “des sorts pour endormir les gens ou pour rendre quelqu’un invisible”.

Toujours est-il qu’il n’en est qu’au début d’une tâche qui s’annonce tout de même rude et longue, mais Leon Blake a bon espoir d’avoir un glossaire en maori des termes magiques d’ici Décembre… lui permettant ensuite d’attaquer la traduction du reste du texte à proprement parler.

Merci MNet !

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