JK Rowling publie un conte de Noël politique sur Twitter !

C’est à travers un thread twitterien (fil de discussions du réseau social) que JK Rowling a publié une sorte de conte de Noël politique. Un diatribe de 16 tweets dans un style biblique et en vieil anglais, pour répondre à l’actualité brûlante que connaît son pays. Rien à voir, donc, avec Harry Potter et encore Les Animaux Fantastiques. Pour autant, voici notre traduction intégrale de ce texte (dont vous pouvez retrouver la version originale ICI).

Notes de traduction : ‘Visitation’ signifie ‘rendre visite’ au sens religieux du terme (en référence à celle que Marie rendit à sa cousine Elisabeth). ‘Corbynites’ est un terme politique britannique pour parler des supporters de Jeremy Corbyn, le chef du Parti Travailliste et de l’Opposition Officielle. Pour le contexte, l’auteure se moque une fois de plus ici de l’homme politique très décrié en ce moment et qui connait même des dissensions au sein de son parti au regard de sa position sur le très controversé Brexit (la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne).

La Visitation des Corbynites : un fil festif

Voici qu’elle fit apparaitre une foule de défenseurs de Corbyn, qui se rua sur elle suite à ses propos ; mais elle n’avait nulle crainte, parce qu’elle y était habituée. La foule scanda alors d’une seule voix : “Ô femme impie, tu ne nous tromperas point. Nous connaissons la véritable raison pour laquelle tu méprise Saint Jeremy.”

Et elle leur dit : “Partagez votre analyse à chaud”. Et d’une ire justifiée, ils déclarèrent “Tu crains Saint Jeremy, ami des pauvres, parce qu’il te prendra bien plus d’impôts que Hérode et donc tu attaques le plus humble et le plus honnête sauveur de ce pays”.

Elle leur répliqua : “Je ne vous traiterais point d’imbéciles, puisque c’est la période de la bonté, mais ce n’est point Saint Jeremy qui me taxera, non et ce, quand bien même il franchirait la porte de la maison du Numéro Dix, parce que mes impôts sont fixés par la Reine Nicola, dans ce royaume au sein duquel je demeure. Je lui verse toute la part qui m’incombe, sans chercher à me réfugier à Monaco et encore moins à dissimuler mon or dans de lointaines contrées, comme Saint Jacob, le Saint Patron des Vils Hypocrites.”

“Ne parle point d’hypocrisie !”, s’écria la foule. “Tu prétends te soucier des pauvres, mais tu t’en prends à leur champion, Saint Jeremy !”.

Et elle répondit : “Comment les pauvres se débrouilleront-ils sous le Brexit, que votre Saint a toujours désiré au fond de son cœur, même s’il n’a pas admis ce qui s’y trouvait, de peur qu’il n’y ait moins de monde à son prochain Sermon sur la scène B de Glastonbury.

Et ils répondirent à leur tour : “Saint Jeremy accomplira un miracle, il donnera la Priorité à l’Emploi et toute la terre se réjouira”. Et elle leur répondit : “Conneries”. Mais elle songea à sa période de bonté, et, se repentant de sa colère, elle ajouta “J’ai voté pour les travaillistes toute ma vie, mais maintenant je ne peux plus.”

“Mais sa bonté resplendit par tous ses orifices !”, s’écria la foule en l’assaillant à nouveau au sujet de ses propos. “Regarde sa barbe ! Regarde cette photo de lui se faisant évacué par la police alors qu’il protestait contre le racisme sous toutes ses formes !” Et elle dit : “J’ai vu sa barbe et cette image également. C’est une bonne photo et j’aime la barbe, comme je l’ai mainte fois déclaré. Mais je dois protester et cela me brise le cœur, contre le fait que le Parti Travailliste, que j’ai tant aimé, soit devenu, sous Saint Jeremy, un ‘Parti du Travail’.”

“Ne parles pas des Juifs !”, s’écria la foule. “Pourquoi parles-tu si souvent d’eux ?” “Oui, je me dois d’en parler.”, dit-elle, “Parce que quand les Juifs ne se sentiront plus en sécurité au sein du Parti, alors je devrais également partir.” Et l’un des membres de la foule hurla quelque chose à propos des Rothschild avant d’être précipitamment réduit au silence par ses frères qui s’expliquèrent : “Il n’est pas l’un des nôtres, tu lui fait miroiter un halo #JC4PM. Et un autre vînt à parler et il dit : “Ce n’est pas de l’antisémitisme que de critiquer Israël”. Et elle enfouit son visage dans ses mains et voulu pleurer.

Mais elle leva les yeux et vit énormément d’étoiles qui brillaient dans le ciel et voici qu’elles s’arrangeaient sous ses yeux pour écrire “Qui se contenterait de l’élection du Premier Ministre ?” et elle cria : “Ne lèverez-vous pas les yeux vers le Ciel ? Voyez-là, l’esprit du Peuple !” 

Et ils levèrent les yeux vers les étoiles et y lurent que Saint Jeremy était, comme par le passé, en troisième position après Pontos May et On-Ne-Sait-Qui. Et elle poursuivit : “Ne voyez-vous pas que Saint Jeremy nuit à votre parti, oui, que son incapacité même à organiser un vote de défiance enhardit et fortifie ce gouvernement calamiteux, dont tous se désespèrent ?”

Mais ils fermèrent les yeux aux étoiles et certains répondirent : “Tu es une sotte qui ne comprend pas le plan directeur de Saint Jeremy.” Et d’autres encore supplièrent la femme de descendre de la tour d’ivoire dans laquelle, pour les besoins de cette histoire, ils souhaiteraient qu’elle ne demeure. Et ils la prièrent de se rendre à Bethléem et d’aller à un jardin précis, où elle trouverait le Messie occupé avec ses courgettes et elle serait baignée par l’esprit du Momentum.

Mais elle secoua la tête et déclara qu’elle était et resterait une incrédule, mais elle était emplie de tristesse, parce que le Parti Travailliste avait été son foyer.

Et la foule la méprisa et la condamna, plusieurs lui dire d’aller se faire voir et de rejoindre les Tories et avant leur départ, l’un d’eux lui cria : “C’est parce qu’il va vous taxer davantage, n’est-ce pas ?”, elle soupira alors et lui souhaita un Joyeux Noël.

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