[CRITIQUE] Les Architectes de l’Illusion : Les Animaux Fantastiques – Art Book — Dermot Power (HarperCollins, Novembre 2016)

[CRITIQUE] Les Architectes de l’Illusion : Les Animaux Fantastiques – Art Book — Dermot Power (HarperCollins, Novembre 2016)2018-10-12T17:09:06+00:00

Avant de commencer, je tenais à vous faire savoir que contrairement au bonheur ressenti à la réception du colis contenant le livre Au Cœur de la Magie : Le Making-Of – Les Animaux Fantastiques… Il m’est arrivé bien des péripéties avant de pouvoir récupérer le colis qui renfermé celui-ci à la Poste et autant vous dire qu’il aurait dû s’appeler « Désiré »… mais il en vaut bien la chandelle ☺ !

Cela étant dit, une fois la grande et lourde enveloppe matelassée ouverte avec ce flegme qui s’impose – il va sans dire – j’en ai sorti délicatement le livre. Il était une fois encore accompagné par la carte de visite estampillée HarperCollins France et de ce petit message manuscrit de l’adorable Romy. Il n’y a pas à dire, déjà au regard de la couverture, Les Architectes de l’Illusion : Les Animaux Fantastiques – Art Book est un plaisir pour les yeux !

Aussi, son grand format, sa couverture reliée et rigide et ses pages en papier glacé abondamment illustrées font également de ce livre un bel objet de collection qui ravira les fans comme les amateurs d’art en ouvrant les portes des ateliers des artistes qui ont œuvré à magnifier et rendre crédible la faune et les environnements imaginés par Miss Rowling pour le film, Les Animaux Fantastiques !

Ce livre donne, à raison, l’impression d’avoir été convié à une sorte de vernissage. Si on bénéficie de ce très bel aspect visuel et esthétique une fois devant l’écran, c’est aussi par le biais de ces différents étapes – qu’elles aient été avortées ou non – qui autrement qu’avec un art book, ne nous auraient pas interpellé. Comment extirper de la description textuelle, un visuel en trois dimensions ? Comment rendre crédible le Monde des Sorciers de J.K. Rowling™ ? Comment rendre vraisemblable l’invraisemblable ? C’est à toutes ces questions que prétend répondre ce livre, mais qui nous apprend aussi qu’il faut sans doute être un peu sorcier pour proposer ce rendu à la fois réaliste et grandiose !

Aussi, grâce à ce livre, les curieux et/ou passionnés de cinéma seront enchantés d’en apprendre d’avantage sur ce processus créatif fascinant depuis les toutes premières confrontations entre artistes, concepteurs et réalisateurs, jusqu’à la phase cruciale de la post-production au sein des Studios Leavesden.

Cet ouvrage s’ouvre sur un avant-propos signé par celui qui a su – peut-être – se représenter le mieux ce Monde des Sorciers de J.K. Rowling™, le Directeur Artistique Stuart Craig. Il se poursuit par une introduction du concept-artiste qui a compilé ce recueil, Dermot Power. S’ensuit un sommaire qui, divisé en 6 chapitres, nous permet tour à tour d’arpenter les rue du New York des 20’s, de passer à travers la barrière secrète du siège du pouvoir magique américain, de descendre dans la valise de Newt Scamander/Norbert Dragonneau, d’y observer la plupart des animaux magiques qu’elle renferme, d’aller se désaltérer au bar clandestin et enfin, d’éclaircir les zones d’ombre sur l’Obscurus.

Ce livre-objet cède alors la place au vif du sujet : il est composé à quatre-vingt-dix pour cents de centaines d’esquisses, de peintures, de storyboards, de dessins, de plans détaillés et croquis numériques, et dont certains sont présentés en double page. Ceux-ci nous permettent de comprendre les subtilités et les étapes (parfois nombreuses) que représentent ce travail pour des artistes qui « avec seulement un crayon et du papier, de la lumière et des formes […] sont capables de dessiner comme Raphaël et de façonner la lumière comme le Caravage. C’est de la magie qui doit être simple, et c’est ça, le plus dur », le plus dur de faire illusion à l’écran. Après tout, le livre a bien pour titre les architectes de l’illusion !

En soi, c’est là que l’on se rend compte de l’intérêt que peut avoir un artbook ! En effet, on découvre dans ce livre des projets qui n’ont jamais été validés ou qui furent tout simplement coupés au montage final : c’est le cas d’une scène d’emprisonnement au MACUSA où dans une des cellules jouxtant celle de nos héros, devait s’y trouver enfermé un Sasquatch et un Elfe de Maison, après qu’ils se soient bagarrés. On découvre aussi, les noms de certaines créatures qui apparaissant à l’écran sans qu’elles soient nommées : c’est le cas de la créature tentaculaire à laquelle Newt semble donner un biberon, elle porte le nom de « Créature Crevette ». Il y a aussi une créature appelée « Ver Luisant », dont l’apparence reprend celle d’un insecte vraisemblable pourvu d’un abdomen en forme d’ampoule avec des filaments de tungstène1 incandescents ! On apprend également au sein de cet ouvrage qu’il existe un dimorphisme sexuel2 extrême chez certaines créatures : le mâle Eruptif est « une petite bestiole d’aspect fragile » contrairement à sa femelle (et ce n’est Jacob qui vous dira le contraire ^^)

On découvre enfin aussi jusqu’où le détail est poussé parfois et surtout, à quel étrange et palpitant défi les artistes doivent se mesurer : les crottes de Veaudelune ont également eu le droit à leur conceptualisation !

Cet ensemble est émaillé d’anecdotes et de commentaires de pas moins de 35 artistes qui révèlent qu’il s’agit là d’un exercice très technique dont « un seul trait de pinceau peut revêtir une importance des plus cruciales ». C’est en effet tout un art de transposer l’imaginaire de Miss Rowling. Mais aussi « qu’il s’agisse d’un croquis ou d’une modélisation, et quelle que soit [cette] complexité technique, le résultat demeure une œuvre d’art ».

L’avis qui suit n’engage que moi, mais j’ai été quelque peu mitigé par cet émaillage de commentaires. À l’instar d’autres artbooks et peut-être avais-je trop d’aspirations, je m’attendais à ce que les textes soient plus développés, qu’ils apportent d’avantages de détails. Là, alourdissant quelque peu la lecture, il est souvent plus question de l’amusement qu’ont éprouvé les artistes ou du peu de temps qu’ils ont eu pour réaliser tel ou tel projet ; même si certaines remarques sont bien plus constructives.

Enfin, à défaut de goodies (oui, vous connaissez mon goût démesuré pour les fac-similés ^^) et de manière assez discrète, on trouve à la fin du livre, une enveloppe contenant trois illustrations originales imprimées sur papier épais.

En résumé, si vous aviez pu être un Billywig voletant autour de la voute de la Chapelle Sixtine sur laquelle Michel-Ange peignait sa célèbre fresque illustrant le Jugement Dernier, n’auriez-vous pas sauté sur l’occasion ? Les Animaux Fantastiques n’est peut-être pas un chef-d’œuvre de la Renaissance, mais pour tous les amoureux de beaux livres, Les Architectes de l’Illusion : Les Animaux Fantastiques – Art Book vous révèlera que ledit film est tout de même un véritable festin visuel !

AMAZON

1 :Métal très dur et très stable à haute température qui était utilisé comme filament dans les ampoules à incandescence.
2 :Ensemble des différences morphologiques plus ou moins marquées entre les individus mâle et femelle d’une même espèce.

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