[CRITIQUE(S)] Le Monde des Sorciers de JK Rowling : Les Carnets Magiques (Insight Editions/Gallimard)

Dernière mise à jour : le 13 juin 2018

Depuis 2016, à l’occasion de la sortie du premier volet de la pentalogie Les Animaux Fantastiques, une nouvelle série d’ouvrages a été lancée par Insight Editions sous le nom ‘A Movie Scrapbook’. Connue en France chez Gallimard sous celui de ‘Le Carnet Magique’, il s’agit d’une série se déclinant en thématiques précises qui propose un voyage global sur le JK Rowling’s Wizarding World par le biais de ce que nous appellerons des « points focus ». Petit plus, chaque livre contient des bonus/inserts en papier et autres fac-similés d’accessoires des films. C’est la raison pour laquelle, cette série s’inspire structurellement de l’opus phare qu’est le guide scrapbooké La Magie des Films.

À ce jour, quatre volumes (dont un à venir sur Poudlard) composent cette série. Nous vous en proposons une petite critique.

Les Animaux Fantastiques : Le Carnet Magique de Norbert Dragonneau | Rick Barba (Trad. de l’anglais par Céline Grimault) | 48 pages

Ayant pour titre anglais Fantastic Beasts and Where to Find Them: Newt Scamander: A Movie Scrapbook, ce premier ouvrage de la série vous propose d’explorer l’univers du premier film Les Animaux Fantastiques par le biais d’anecdotes. On découvre les décors des rues de New-York dans les années 1920, l’ambiance (des Années Folles) et l’esthétique Art Déco qui leur a été données.

On nous présente également les autorités portuaires et les décors du bar clandestin du Cochon Aveugle, de la Banque et de la Bijouterie où le Niffleur trouvera son bonheur.

On pénètre les profondeurs de la valise de Norbert Dragonneau. Là, on inventorie ses nombreuses créatures, en passant par les objets magiques.

Il propose également des présentations succinctes du quatuor de personnages principaux (à savoir Norbert Dragonneau, Jacob Kowalski et les sœurs Tina et Queenie Goldstein). Mais aussi celle de Percival Graves et des protagonistes de la FPNS.

Il est accompagné de nombreux goodies tels des coupures de journaux (The New York Ghost, Transfiguration Today) ou de magazines (La Charmeuse Américaine, par exemple), des cartes (du monde, des USA, du MACUSA ou à jouer) des posters (de l’entrée du Cochon Aveugle, …) ou de pamphlet et autres tracts (des Fidèles de Salem ou du Sénateur Shaw Jr)…

L’ensemble fait qu’il est assez comparable à La Valise des Créatures (par sa conception, maquette), mais il résume l’essentiel dans un format plus petit. Donnant en cela une place plus importante à l’iconographie par rapport au texte, il est émaillé de très nombreuses illustrations. Pour autant, il nous propose une mini conclusion ouverte théorisant sur la suite de la saga.

Enfin, il est disponible sous deux couvertures fort différentes dans sa version originale (la maison d’édition française ayant choisi la première).

Les Force du Mal – Le Carnet Magique | Jodi Revenson (Trad. de l’anglais par Marie Renier) | 47 pages | 19.90€

Dans le même format scrapbooké que Le Carnet Magique de Norbert Dragonneau (susmentionné), The Dark Arts – A Movie Scrapbook (c’est son titre anglais) est quelque peu différent en ce sens où si le premier ne traitait que du premier volet des films Les Animaux Fantastiques, ce second ouvrages trace une rétrospective des Forces du Mal dans les deux sagas dont la plus importante est celle consacrée à la saga Harry Potter.

Pour celle-ci, on retrouve donc des récapitulatifs sur Vous-Savez-Qui, la sympathique famille Malefoy ou encore les Magemorts et même le loup-garou Fenrir Greyback. On nous présente également les Sortilèges Impardonnables ainsi que les artéfacts et autres symboles liés aux pratiques occultes à commencer par les Horcruxes, mais aussi la Marque des Ténèbres, la Plume Spéciale du professeur Ombrage ou encore les Armoires à Disparaître et le Collier d’Opal maudit.
Le Monde des Sorciers possède un bestiaire très fourni des créatures les plus mignonnes et inoffensives aux plus dangereuses : ici, on nous propose donc un inventaire des créatures qui pullulent dans la noirceur comme le Basilic caché au fond de la Chambre des Secrets, les Détraqueurs et leur Baiser mortel ou encore ces cadavériques Inferi qui protège la Cave de Cristal où Lord Voldemort a caché le Médaillon de Serpentard.
Bien sûr, pour nous armer contre toutes forces obscures, on nous permet ainsi d’assister aux cours de Défense contre les Forces du Mal. Si cela ne suffisait pas, vous avez le choix d’intégrer la Résistance et ses figures emblématiques telles que le fameux Ordre du Phénix et l’Armée de Dumbledore.

En ce qui concerne Les Animaux Fantastiques, la partie le concernant est relativement courte mais relativement cohérente : les agissements des Forces du Mal sont sous-jacents et s’exercent dans l’ombre.
Ainsi, on débute par une présentation de l’organe sorciers gouvernant aux USA et de son siège. Son histoire est emprunte du Procès de Salem. Il est chargé de garder un œil sur leurs interactions avec les Non-Majs grâce à un cadran magique. Ce qui leur permet de découvrir criminels passibles d’être conduit dans la Cellule de la Mort.
S’ensuit alors une présentation des nouveaux héros (Norbert, les sœurs Goldstein, Jacob) et leurs versants plus sombres à l’instar de Grindelwald dissimulé par un Sortilège de Métamorphose sous les traits du Directeur de la Sécurité Percival Graves. Même sans pourvoir magique, la FPNS n’en est pas moins dangereuses surtout pour un monde des sorciers qui fait tout pour ne pas être découvert. Cette nasse des sorciers et individus les plus mal famés voire criminels se retrouve au sein d’un bar clandestin, géré par un gobelin mafieux prénommé Gnarlack, pour y siroter des spiritueux étranges comme l’Eau Glouglousse en pleine Prohibition !
Mais le risque d’exposition de la Magie est d’autant plus capitale qu’une force inconnue fait des ravages dans New York. Il s’agit en réalité de l’Obscurus que son hôte Croyance Bellebosse maîtrise avec difficulté…

Ce carnet magique est aussi pourvu (quoique, moindre) en fac-similés à détacher tels que l’avis de recherche (de Sirius Black, mais ausis de Newt et Tina), des cartes (représentant plusieurs membres de l’Ordre du Phénix ou celle des USA pour indiquer la magie exercée en temps réel), un exemplaire du New-York Ghost ou encore la liste des participants à l’Armée de Dumbledore.

En raison de son format petit, mais aussi au public à destination duquel il a été conçu, cet ouvrage traite une fois encore de manière succinctes les éléments liés à la Magie Noire. L’iconographie y a encore une place prépondérante par rapport au texte. Notamment, dans la mesure où le premier ouvrage était entièrement dédié au premier volet des films Les Animaux Fantastiques, sa partie donne l’impression de redite où l’on apprend pas réellement davantage.

Enfin, alors qu’une seule couverture était disponible en version originale aux couleurs assez criardes, notre maison d’édition française a opté pour une couverture au visuel plus sombre qui semble plus à propos.

Le Chemin de Traverse – Le Carnet Magique | Jodi Revenson (Trad. de l’anglais par Marie Renier) | 47 pages | 19.90€

Ce troisième tome est le premier à traiter sa thématique à travers la seule saga Harry Potter. Pour cause, The Diagon Alley – A Movie Scrapbook nous propose une visite guidée de la rue commerçante du Monde des Sorciers découvert dès le premier film de l’octalogie potterienne (même si nous y retournerons dans Les Crimes de Grindelwald pour assister au lancement du bestiaire de Newt Scamander). Comme les précédents volumes, il est fait d’un récapitulatif concernant le Chaudron Baveur, ainsi que les magasins et boutiques en apportant des petites anecdotes sympathiques.

En toutes logiques, nous débutons notre visite par le Chaudron Baveur. On apprend ainsi que ce pub d’apparence miteuse qui sert de portail entre le Monde Moldu et le Monde des Sorciers a été conçu dans le style Tudor (style d’architecture anglais de la fin du Moyen-Âge). D’un côté les graphistes du film se sont amusés à imaginer des ardoises murales proposant diverses soupes farfelues (telles que la « soupe maison baveuse » ou encore la « soupe soupe soupe ») ; de l’autre, l’équipe de décorateurs a œuvré pour transposer des détails inattendus comme celui voulu par Alfonso Cuarón (réalisateur du Prisonnier d’Azkaban) où « un client mélange sont thé… sans cuillère ».

Dans ledit troisième film, Harry s’y rend grâce au moyen du « transport d’urgence pour sorcières et sorciers en perdition » qu’est le Magicobus. On découvre alors le pub dans ses moindres détails dont ses couloirs qui ont été « conçus en perspective forcée, fondée sur l’illusion d’optique » afin de les rendre plus long visuellement. C’est au sein de l’un d’eux que l’on assiste à une course-poursuite entre Pattenrond et Croûtard qui fut plus compliquée à tourner qu’il n’y paraît parce que Dex (l’interprète de Croûtard) s’était habitué à Crackerjack (le chat jouant Pattenrond) et il ne courait donc pas « aussi vite qu’un rat normal tentant d’échapper à un rat ».

On se rend ensuite dans la rue commerçante où le même procédé d’illusion d’optique est utilisé afin de donner l’idée qu’elle est sans fin. L’ensemblière feue Stephenie McMillan et le chef décorateur Stuart Craig expliquent que pour la transposer à l’écran, ils se sont inspirés d’illustrations originales des romans Oliver Twist et David Copperfield. Alors après avoir cherché en vain, un endroit réel londonien évoquant l’univers de Dickens au milieu du XIX siècle, il leurs a paru plus simple de construire ledit décor : ainsi naquit la rue commerçante à l’esthétique singulière teintée « d’architecture victorienne [mêlée à des] éléments de style Tudor, géorgien et Queen Anne ». Le tout est rehaussé grâce au soin particulier apporté aux marchandises exposées sur les étals des boutiques, en vitrines et dans la rue, qui furent « fabriquées ou dénichées dans des brocantes, des salles de vente et des marchés aux puces ».

Avant de faire des emplettes, il faut aller se emplir les poches à la Banque des Sorciers, Gringotts. Dans le premier film, les scènes ont été tournées au sein même de la réelle Maison d’Australie. Mais pour les besoins de la scène d’évasion à dos de Dragon dans Les Reliques de la Mort : Deuxième Partie, la banque fut évidemment reconstruite entièrement aux Studios Lesvesden.

Après nous avoir présenté le procédé de gobelinisation ainsi que l’envers du décor du Coffre-fort des Lestrange et l’évasion sur le Pansedefer Ukrainien, on nous emmène dépenser les premiers Gallions chez Ollivander puis faire l’acquisition des ouvrages scolaires chez Fleury et Botts (dont le décor de base est celui de la boutique de fabricant de baguettes) – où on ne pourra pas échapper à la séance de dédicaces de Gilderoy Lockhart. Il reste des fournitures scolaires magiques à acheter, mais avant d’aller choisir entre un crapaud, un chat ou une chouette à la Ménagerie Magique, on pourra aller faire du lèche-vitrine au Magasin de Quidditch (et craquer devant un des derniers modèles de balais de course). N’oubliez pas votre abonnement à La Gazette du Sorcier, mais surtout ne vous aventurez pas sur l’Allée des Embrûmes où vous pourriez rencontrer quelques Mangemorts ou autres sorciers malfamés.

Terminez plutôt votre visite par la flamboyante et lumineuse boutique orange criard des jumeaux Weasley qui regorge de farces et attrapes en tout genres. L’équipe artistique s’est à la fois donnée à cœur joie mais aussi du mal pour créer, pendant deux semaines, près de 40 000 objets fantaisistes et autres accessoires en puisant leur « inspiration du côté des jouets en plastique et en fer-blanc des années 1950 et des figurines grossièrement sculptées en forme d’enfants ou d’animaux ». Et ce n’est pas tout, sachez qu’ils ont mis entre 3 et 4 semaines supplémentaires pour les disposer sur les étagères… Un boulot quasiment titanesque pour à peine 2 minutes de visibilité à l’écran.

Pour conclure, comme les précédents livres de la série : les textes sont courts et ne nous apprennent pas davantage que ce qui a déjà été dit dans d’autres livres plus fournis tels que Des Romans à l’Écran ou Harry Potter : Le Grand Atlas. L’iconographie et les photographies tirent une fois encore la couverture de leur côté en terme de conception et de nombre. Cet ouvrage convient donc parfaitement au public auquel il est destiné surtout avec ces nombreux goodies. Même si certains sont déjà disponibles ailleurs (comme le tableau des scores de la Ligue de Quidditch ou un exemplaire de la Gazette avec en Une le Survivant en Indésirable N° 1), d’autres font leur première apparition (comme la liste de fournitures scolaires pour les premières années et une enveloppe pleine de Gallions, Mornilles et Noises).

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