Dylan Pierpont et ses « Scaries » Potter !

Rédigé par - Le .
Catégorie : Analyses UHP, Fans, Les Fans Ont du Talent, UHP - UniversHarryPotter

On continue dans notre présentation des fans qui ont un talent indéniable et après vous avoir fait découvrir Tommy Delalune et ses graffs potteriens, on aborde cette fois un univers complètement différent… un poil effrayant.

C’est le point de vue pris par un artiste américain originaire de Seattle et qui se prénomme Dylan Pierpont. Actuellement concept-artiste chez Microsoft, il a également travaillé pour Ubisoft, Infinity Ward, Microsoft, DeNA, Glu Mobile, Elevendy, Incarnate Games, Frostburn Studios, Direwolf Digital ou encore Fantasy Flight Games. Ainsi, il a notamment contribué à la création des mondes pour leurs jeux et autres supports de l’industrie du divertissement depuis 2011. Enfin, il réalise également des concepts-arts pour le plaisir et ce, touchant des univers très éclectiques dont Harry Potter au moyen de plusieurs techniques.

Il est alors parti du constat que la saga Harry Potter est souvent reléguée au rang de livres pour enfant. Il est vrai que c’est la sous-estimer que de faire abstraction des thèmes lourds et autres métaphores sombres qui y sont abordés. Dylan a donc décidé, à travers une série d’illustrations, de ne pas censurer ces thèmes sombres qui émergent de chaque tome et de construire son œuvre autour de cette thématique avec l’aide d’un personnage phare comme sujet unique assisté d’au moins trois éléments-clefs (en particulier ceux omis/modifiés par les films). Cela crée des scènes visuellement intéressantes et efficaces comme l’utilisation du clair-obscur (amené par une seule source lumineuse) qui pousse notre regard vers des éléments en apparence secondaires comme le sang, les chaires lacérées, les cadavres ou encore les versant occultes de la magie.

Nota Bene : Notez que les titres et les citations indiqués en légende, sont de l’artiste. Nous avons juste mis la version française de celles-ci 😉

  • ‘Scary’ Potter and the Philosopher’s Sone« Il n’y a pas de bien ni de mal, il n’y a que le pouvoir, et ceux qui sont trop faibles pour le rechercher… » (Quirell, ES17)

    • Pour commencer avec le premier tome, Dylan prend Lord Voldemort, comme sujet central. Avec une certaine liberté créative, il représente Quirinus Quirrel/le Seigneur des Ténèbres avec la boîte crânienne ouverte montrant ainsi le déchirement de son âme. Sur son menton dégouline un mélange de bave et de sang de licorne (dont il vient de s’abreuver) d’un sourire machiavélique. L’ensemble est contrasté par son allure apprêtée composée de vêtements « propres » comme sa cravate nouée sur une chemise blanche.
  • ‘Scary’ Potter and the Chamber of Secrets« ‘L’héritier de Serpentard a laissé un autre message’, répondit le professeur McGonagall, le teint livide. ‘Juste au-dessous du premier message, il a écrit : Son squelette reposera à jamais dans la Chambre.' » (CS16)

    • Dans La Chambre des Secrets, il est question de possession par un journal intime. L’intrigue autour de Ginny Wealsey est une sorte de relation abusive : à travers ce journal capable d’agir et de penser tout seul (sans « voir où se trouve son cerveau », dixit Mr Wealsey), Tom la flatte, s’avère être une oreille attentive et compatissante pour elle, mais c’est pour mieux l’asservir, la contrôler. On oublie souvent le traumatisme de Ginny,, alors qu’elle est un personnage catalyseur de l’histoire. C’est ce que Dylan a représenté ici : Ginny tordant le cou d’un coq, les mains ensanglantées, contrôlée par le Journal Intime flottant devant elle et d’où émerge des lueurs.
  • ‘Scary’ Potter and the Prisonner of Azkaban« Avec l’aide de son serviteur, le Seigneur des Ténèbres surgira à nouveau, plus puissant et plus terrible que jamais. Ce soir… avant minuit… le serviteur… ira… rejoindre… son maître… » (S. Trelawney, PA16)

    • Ce troisième tome voit l’arrivée d’un nouveau personnage et pas des moindres : Sirius Black. Dylan l’utilise donc en figure centrale de son œuvre (ceci aidé parce que comme beaucoup de monde, c’est l’un de ses personnage préféré). Ici, le parrain de Harry est représenté meurtri/ravagé par des années de dépression chronique engendrée par des créatures suceuses d’âmes que sont les Détraqueurs. En arrière-plan on trouve un exemplaire de l’avis de recherche à son nom. Tandis que devant lui, le crâne d’un cerf (avec ce qui semble être un Retourneur de Temps, gravé sur le front)… faisant un écho horrible, à la forme animagus de James Potter. Une autre analyse (celle de Gothycat), nous amène à penser que cette composition renvoie au fait que Sirius pourrait être rongé par le remord de la disparition de son meilleur ami James et qu’il pourrait même avoir du mal, du coup, à vraiment vivre dans le présent vu qu’il n’arrête pas de comparer son neveu à son père.
  • ‘Scary’ Potter and the Goblet of Fire« Je me suis senti arraché de mon corps, réduit à moins qu’un esprit, moins que le plus infime des fantômes… mais j’étais quand même vivant. » (Voldemort, CF33)

    • C’est dans ce tome que Lord Voldemort retrouve son corps. Dylan représente ici un Seigneur des Ténèbres nu et en position fœtale, jaillissant d’un chaudron… en d’autres termes, sa renaissance. Il retranscrit-là, une fois encore, tout le côté terrifiant de ce passage : un grand sens de l’atmosphère lourde mêlée de peur. Les éléments-clefs que l’on peut également retrouver sont son signe (la Marque des Ténèbres, formée par le Sortilège Morsmordre) et les ruines en cendres du camping de la Coupe du Monde de Quidditch.
  • ‘Scary’ Potter and the Order of Phoenix« Les pensées ne sont pas un livre qu’on ouvre et qu’on peut feuilleter tout à loisir. Elles ne sont pas gravées à l’intérieur du crâne, à la disposition du premier intrus qui passera par là. L’esprit est une chose complexe qui comporte de nombreuses couches successives… » (Rogue, OP24)

    • On arrive au cinquième tome. Dylan fait ici un condensé des leçons particulières (d’Occlumencie) entre Rogue et Harry. On trouve donc la tête de Rogue émergeant de la Pensine, avec des fleurs de Lys flottant autour de lui et il est flanquée de part et d’autres, par les masques de deux Mangemorts. Enfin, au centre de la partie inférieure, on trouve la boule de cristal contenant la fameuse prophétie. L’ensemble de ces éléments sont très symboliques : les fleurs de Lys évoquent l’amour que Rogue éprouvait pour Lily Potter, les deux masques de Mangemorts peuvent faire penser au côté agent-double de ce dernier et enfin, la prophétie… qui a engendré tout le préjudice du personnage lorsqu’il l’a révélé à son Maître.
  • ‘Scary’ Potter and the Half-blood Prince« Saviez-vous, monsieur, à l’époque ? (…) Que je venais de rencontrer le plus dangereux mage noir de tous les temps ? Non. » (Harry et Dumbledore, PSM/f)

    • Dans ce sixième tome, Dylan aborde le sentiment du mal personnifié à travers la personnalité retors du jeune Tom Jedusor. En une unique expression faciale, il parvient en effet à capturer l’essence du véritable psychopathe qu’est le personnage ; l’ensemble est contrasté par l’ajout d’éléments comme les portes et les grilles de l’orphelinat, la lumière jaillissant du Médaillon de Serpentard (soutenu par deux Inferi) ou encore la pluie.
  • ‘Scary’ Potter and the Deathly Hallows« Jusqu’à la fin » (RM34)

    • On termine avec le denier tome, Les Reliques de la Mort. Ce tome est celui dans lequel on dénombre le plus de morts et c’est ce que Dylan a souhaité faire ressortir. Ainsi, on découvre comme une sorte de tableau de chasse sur lequel se trouve accrochées plusieurs têtes décapitées en guise de trophées. A la suite de la tête de sanglier (l’enseigne du pub d’Abelforth Dumbledore ?) et autour de la tête de Bathilda Tourdesac (d’où sort une Nagini, le regard et la langue bifide dirigés vers nous), on découvre les décès collatéraux de ce livre : Fred Wealsey, Hedwige, Maugrey Fol Œil, Dobby et Tonks. Enfin, la tête de l’auteure de L’Histoire de la Magie est entourée des têtes de Harry et Voldemort. Tous sont représentés avec un regard blanc livide, mais de celui de Harry jailli un éclair (cette lueur d’espoir, nous disant qu’il n’est pas vraiment… mort). Bonus : Pour les fans de la série Game of Thrones, on peut aussi y voir une forte ressemblance avec les affiches promos pour la saison 6 🙂

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