Notre traduction intégrale du Discours de J.K. Rowling à Harvard

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Catégorie : JK Rowling

En Janvier dernier et ce, à l’instar de prestigieux leaders mondiaux (voir la liste des orateurs précédents), JK Rowling avait été nommée afin de prononcer le 357ème « Commencement Speech » (« Discours du Commencement ») de la cérémonie de remise de diplômes annuelle de la prestigieuse Université de Harvard.
Parallèlement à cela, elle a reçu son cinquième doctorat honoris causa ; après ceux des universités écossaises de St Andrews, Édimbourg, Napier et Aberdeen : un Doctorat ès Lettres.

La cérémonie a donc eu lieu, hier, et grâce au Harvard Magazine, vous pouvez retrouver le transcrit du texte intégral original à cette adresse ainsi que la vidéo ci-dessous :

Nous vous proposons une traduction intégrale en français ci-dessous. [Traduction par et pour UHP uniquement ! Toute reproduction, même partielle et sans accord préalable, et formellement interdite ! Merci !]

LES BIENFAITS DE L’ÉCHEC ET L’IMPORTANCE DE L’IMAGINATION

« Madame la Présidente Faust, Mesdames et Messieurs les membres de la Corporation et du Comité d’Administration de Harvard, Mesdames et Messieurs les enseignants, les parents fiers de leurs enfants, et, surtout, chers nouveaux diplômés.

La première chose que j’aimerais vous dire est ‘merci’. Non seulement Harvard m’a gratifié d’un honneur extraordinaire, mais les semaines de crainte et de nausée que j’ai enduré à l’idée de prononcer ce discours du commencement m’ont également fait perdre du poids. J’y gagne sur tous les plans ! Maintenant, il ne me reste plus qu’à inspirer profondément, jeter un œil aux bannières rouges et me convaincre que je suis à la plus grande réunion internationale de Gryffondor.

Délivrer un tel discours confère une grande responsabilité ; du moins, c’est ce que je pensais jusqu’à ce que je me souvienne du jour de ma propre remise de diplôme. Ce jour-là, le discours était prononcé par l’éminente philosophe britannique, la Baronne Mary Warnock. Réfléchir à son discours m’a énormément aidé dans l’écriture de celui-ci, parce qu’il s’avère que je ne me souviens pas du moindre mot qu’elle ait dit ce jour-là. Cette découverte libératrice me permet de poursuivre sans craindre de vous pousser par mégarde à vous faire abandonner une carrière prometteuse dans les affaires, le droit ou la politique au profit des délices vertigineux de la vie d’un sorcier homosexuel.

Vous voyez ? Si dans quelques années tout ce dont vous vous souvenez est la blague sur ‘le sorcier homosexuel’, alors j’aurai quand même fait mieux que la Baronne Mary Warnock. Se fixer des objectifs atteignables : voilà la première étape dans le développement personnel.

En réalité, je me suis creusée la tête et le cœur afin de trouver ce que je devrais vous dire aujourd’hui. Je me suis demandé ce que j’aurais aimé savoir lors de ma propre remise de diplômes et quelles importantes leçons j’ai apprises au cours des 21 années qui se sont écoulées depuis.

J’ai trouvé deux réponses. En ce jour merveilleux où nous nous retrouvons pour célébrer votre réussite scolaire, j’ai décidé de vous parler des bienfaits de l’échec. Et alors que vous vous tenez à l’orée de ce qu’on appelle parfois ‘la vraie vie’, je voudrais louer l’importance cruciale de l’imagination.

Ces choix vous paraîtront peut-être chimériques ou paradoxaux, mais laissez-moi une chance de vous convaincre.

Se remémorer la jeune fille de 21 ans que j’étais lorsqu’on m’a remis mon diplôme est une expérience plutôt inconfortable pour la femme de 42 ans qu’elle est devenue. Lorsque j’avais la moitié de mon âge actuel, je tentais de préserver un équilibre précaire entre les ambitions que j’avais pour moi-même et ce que mes proches attendaient de moi.

J’étais convaincue que la seule chose que je voudrais, jamais, faire était écrire des romans. Néanmoins, mes parents, qui étaient tous deux issus de milieux pauvres et qui n’étaient pas aller à l’université, estimaient que mon imagination débordante était une excentricité amusante de mon caractère qui n’aiderait jamais à rembourser une hypothèque ou à garantir une retraite. Désormais, je sais que l’ironie frappe avec la force d’une enclume de dessin animé.

Ils espéraient donc que j’intégrerai une filière professionnelle ; je voulais étudier de la Littérature anglaise. Nous finîmes par atteindre un compromis qui, avec le recul, ne satisfaisait personne, et j’en suis arrivée à étudier les Langues vivantes. La voiture de mes parents avait à peine tourné au coin de la rue que je laissais tomber l’allemand pour me précipiter au département de Langues anciennes.

Je ne me souviens pas avoir jamais dit à mes parents que j’étudiais des Langues anciennes ; il est très possible qu’ils l’aient découvert le jour de la remise de diplômes. De toutes les matières sur cette planète, je pense qu’aucune ne leur paraissait plus inutile que la mythologie grecque lorsqu’il s’agissait de réussir à voyager en classe affaire.

Je voudrais préciser, entre parenthèses, que je ne reproche pas leur point de vue à mes parents. Il y a une date limite au-delà de laquelle on ne peut plus reprocher à ses parents de nous avoir mis dans la mauvaise direction ; à l’instant où vous avez l’âge de vous diriger vous-mêmes, la responsabilité vous incombe. Qui plus est, je ne peux en vouloir à mes parents d’avoir espéré que je ne vivrais jamais l’expérience de la pauvreté. Eux-mêmes avaient été pauvres, et j’ai été pauvre depuis, et je suis d’accord avec eux pour dire que ce n’est pas une expérience anoblissantes. La pauvreté engendre la peur, le stress et parfois la dépression ; cela implique des milliers de petites humiliations et de difficultés. Se sortir de la pauvreté par ses propres moyens, voilà quelque chose dont on peut être fier, mais il n’y a que des imbéciles pour penser que la pauvreté elle-même est très romantique.

Ce dont j’avais le plus peur à votre âge, ce n’était pas la pauvreté. C’était l’échec.

À votre âge, malgré un clair manque de motivation à l’université – où j’avais passé bien trop longtemps à la cafétéria à écrire des histoires, et bien trop peu en cours – j’avais un certain talent pour réussir les examens, et depuis des années, c’était là la mesure de ma réussite dans ma vie et dans celle de mes pairs.

Je ne suis cependant pas suffisamment ignorante au point de supposer que parce que vous êtes jeunes, doués et bien éduqués, vous n’avez pour autant jamais eu à faire face à des épreuves ou du chagrin. Le talent et l’intelligence n’ont encore jamais immunisé personne contre les caprices des Parques, et je suis loin de m’imaginer un seul instant que tous ceux présents ici ont connu une vie de privilèges et de contentements sans un pli.

Pour autant, le fait que vous sortez diplômés de Harvard suggère que vous n’avez pas l’habitude de l’échec. Peut-être même êtes-vous motivés par la peur de l’échec autant que par le désir du succès. En fait, votre conception de l’échec n’est peut-être pas très éloignée de l’idée que le citoyen lambda se fait d’une réussite, vues les hauteurs que vous avez déjà atteintes d’un point de vue scolaire.

En fin de compte, c’est à chacun de décider pour soi-même ce qui constitue un échec, mais le monde autour de vous est suffisamment enclin à vous en donner un ensemble de critères, si vous l’y laisser faire. Alors je pense qu’il est légitime d’affirmer que toutes les mesures conventionnelles établiraient que seulement sept ans après ma remise de diplôme, j’avais échoué de façon monumentale. Un mariage exceptionnellement court avait implosé, j’étais sans emploi, une mère célibataire, et aussi pauvre qu’il est possible de l’être dans le Royaume-Uni de nos jours sans être SDF. Les craintes que mes parents avaient pour moi, et que j’avais moi-même, s’étaient avérées, et selon tous les critères habituels, j’étais le plus gros échec que je connaissais.

Maintenant, je ne vais pas me tenir devant vous et vous dire que l’échec est une expérience amusante. Cette période de ma vie était sombre, et je n’avais aucune idée qu’il allait y avoir ce que les journaux appellent depuis une sorte fin en conte de fées. Je n’avais aucune idée de la longueur du tunnel, et pendant longtemps, la seule lumière au bout était plus un espoir qu’une réalité.

En ce cas, pourquoi je parle des bienfaits de l’échec ? Tout simplement parce que l’échec signifie se séparer de tout le superflu. J’ai arrêté d’essayer de me convaincre que j’étais autre chose que ce j’étais vraiment, et j’ai commencé à concentrer toute mon énergie sur la seule œuvre qui m’importait vraiment. Si j’avais jamais réussi quoi que ce soit d’autre dans ma vie, je n’aurais jamais eu la détermination nécessaire pour réussite dans la seule arène à laquelle je pensais réellement appartenir. J’étais libérée, parce que ma plus grande crainte s’était déjà réalisée ; j’étais encore vivante, j’avais encore une fille que j’adorais, j’avais une vielle machine à écrire et une grande idée. Et alors que je touchais le fond, celui-ci est devenu la fondation solide sur laquelle j’ai rebâti ma vie.

Peut-être n’échouerez-vous jamais autant que je l’ai fait, mais certains échecs sont parfois inévitables dans la vie. Il est impossible de vivre sans manquer de quelque chose, sauf si vous vivez si prudemment que vous pourriez tout aussi bien ne pas avoir vécu du tout – auquel cas, vous échouez par défaut.

L’échec m’a donné une sécurité intérieure que je n’avais jamais connue en passant des examens. L’échec m’a appris des choses sur moi-même que je n’aurais jamais pu apprendre autrement. J’ai découvert que j’avais une volonté d’acier, et plus de discipline que je ne le suspectait ; j’ai aussi découvert que j’avais des amis qui valaient largement plus que des rubis.

Savoir que vous ressortez plus sage et plus fort d’un revers, vous permet de vous rendre compte que finalement, vous êtes capable de survivre. Vous ne vous connaîtrez jamais vous-même, ni ne connaîtrez la force de vos relations, à moins d’avoir été mis à l’épreuve par l’adversité. Cette connaissance est un véritable cadeau, même s’il est obtenu de façon douloureuse, et elle vaut plus que tous les diplômes que j’ai jamais reçus.

Si je possédais un Retourneur de Temps, je dirais au moi de 21 ans que pour être heureux, il faut savoir que la vie n’est pas une liste d’acquisitions ou d’accomplissements qu’il faut obtenir. Vos diplômes, votre CV ne sont pas votre vie, même si vous rencontrerez beaucoup de gens de mon âge ou plus vieux qui confondent les deux. La vie est difficile, compliquée, personne n’a de total contrôle dessus, et avoir l’humilité de savoir cela vous permettra de surmonter ses vicissitudes.

Vous pourriez désormais penser que j’ai choisi mon second thème, l’importance de l’imagination, à cause du rôle qu’elle a joué dans la reconstruction de ma vie, mais ce n’est pas entièrement vrai. Même si je défendrai jusqu’à mon dernier souffle les bienfaits de lire une histoire avant de se coucher, j’ai appris la valeur de l’imagination dans un sens bien plus large. L’imagination n’est pas seulement cette capacité spécifiquement humaine qui permet de voir ce qui n’est pas, et donc la source de toutes les inventions et innovations. C’est probablement l’aptitude la plus transformatrice et révélatrice, le pouvoir qui nous permet de nous identifier aux humains dont nous n’avons jamais partagé les expériences.

Une des expériences les plus formatrices de ma vie a précédé Harry Potter, même si elle a beaucoup contribué à ce que j’ai écris par la suite dans ces livres. Cette révélation m’est venue d’un de mes premiers emplois à plein temps. Même si je filais à la pause déjeuner pour écrire des histoires, quand j’avais vingt-et-quelques années, je payais la location de mon studio en travaillant dans le Département des Recherches Afrique au siège d’Amnesty International à Londres.

Dans mon petit bureau, je lisais des lettres gribouillées à la va-vite et sorties clandestinement de pays au régime totalitaire, rédigées par des hommes et des femmes qui risquaient la prison pour informer le monde extérieur de ce qui leur arrivait. Je voyais des photos de gens qui avaient disparu sans laisser de traces, que la famille ou les amis désespérés avaient envoyé à Amnesty. Je lisais les témoignages de victimes de la torture et je voyais des images de leurs blessures. J’ouvrais des comptes-rendus écrits à la main par des gens qui avaient été témoins de jugements et exécutions sommaires, d’enlèvements et de viols.

Nombre de mes collègues étaient d’ex-prisonniers politiques, des réfugiés ou des gens qui avaient dû s’exiler parce qu’il avaient été assez téméraires pour s’élever contre leur gouvernement. Nous recevions la visite de gens venus nous donner des informations, ou qui essayaient de savoir ce qui était arrivé à ceux qu’ils avaient dû laisser derrière eux.

Je n’oublierai jamais cet Africain victime de torture, un jeune homme pas plus âgé que moi à l’époque, qui avait sombré dans la folie après tout ce qu’il avait enduré dans son pays natal. Il tremblait de manières incontrôlable en décrivant à la caméra les brutalités qui lui avaient été infligées. Il faisait une tête de plus que moi et il semblait aussi fragile qu’un enfant. On m’avait chargé de l’accompagner à la station de métro après cela, et cet homme dont la vie avait été brisée par la cruauté m’a serré la main avec une extrême courtoisie, et m’a souhaité un avenir heureux.

Et aussi longtemps que je vivrais, je ne cesserai de me souvenir du jour où, marchant dans un couloir vide, j’avais soudain entendu derrière une porte fermée, un cri de douleur et d’horreur, plus dramatique que tous ceux que j’ai entendus depuis. La porte s’était alors ouverte et une collègue avait sorti la tête et m’avait demander de me dépêcher de préparer une boisson chaude pour le jeune homme assis devant elle. Elle venait de lui apprendre que pour le punir de son franc-parler contre le régime de son pays, sa mère avait été arrêtée et exécutée.

Me rendre chaque jour au travail à cette époque-là, me rappelais à quel point j’avais la chance d’habiter dans un pays avec un gouvernement démocratiquement élu, dans lequel un avocat et un procès public étaient des droits garantis à tous.

Chaque jour, j’avais de nouveaux exemples des maux que l’Homme peut infliger à ses semblables afin d’obtenir ou de conserver le pouvoir. J’ai commencé à faire des cauchemars, au sens propre, sur certaines des choses que je voyais, entendais et lisais.

Et pourtant, à Amnesty International, j’ai appris plus de choses sur la bonté humaine que je n’en soupçonnais auparavant.

Amnesty mobilise des milliers de gens qui n’ont jamais été torturés ou emprisonnés pour leurs opinions et qui agissent au nom de ceux qui l’ont été. Le pouvoir de la compassion humaine, qui mène à des actions collectives, sauve des vies et libère des prisonniers. Des gens ordinaires, dont le bien-être personnel et la sécurité sont assurés, se réunissent en nombre énorme pour sauver des gens qu’ils ne connaissent pas et ne rencontreront jamais. Ma petite participation à ce processus est une des expériences les plus humbles et les plus édifiantes de ma vie.

Contrairement à toutes les autres créatures sur cette planète, les humains peuvent apprendre et comprendre des choses sans les avoir vécues. Ils peuvent se mettre à la place des autres.

Bien sûr, il s’agit d’un pouvoir qui, comme la magie de mon monde fictif, est moralement neutre. On peut l’utiliser pour manipuler et contrôler tout autant que pour comprendre et sympathiser.

Et beaucoup préfèrent ne pas du tout faire appel à leur imagination. Ils choisissent de rester confortablement dans les limites de leurs propres expériences, ne s’inquiétant jamais de se demander comment ce serait s’ils étaient nés à un autre endroit. Ils peuvent refuser d’entendre des cris ou de regarder dans des cages ; ils peuvent fermer leur esprit et leur cœur à toute souffrance qui ne les touche pas personnellement ; ils peuvent refuser de savoir.

Je pourrais être tentée d’envier les gens parviennent à vivre comme ça, sauf que je ne pense pas qu’ils aient moins de cauchemars que moi. Choisir de vivre dans un espace étroit peut mener à une forme d’agoraphobie mentale, qui apporte ses propres terreurs. Je pense que ceux qui cherchent sciemment à ne rien imaginer voient plus de monstres. Ils ont parfois encore plus peur.

De plus, ce qui choisissent de n’avoir aucune compassion favorisent de vrais monstres. Même sans commettre d’acte de pures malveillances nous-mêmes, nous pouvons en être complices, par notre propre apathie.

L’une des nombreuses choses que j’ai apprises au bout de ce couloir de Langues anciennes dans lequel je me suis aventuré à 18 ans, à la recherche de quelque chose que je ne savais pas définir, est cette citation de l’auteur grec Plutarque : ‘Ce que nous accomplissons à l’intérieur modifie la réalité extérieure.’

Cette une phrase stupéfiante et qui se vérifie pourtant mille fois par jour. Elle exprime, en partie, notre connexion inéluctable avec le monde extérieur, le fait que nous avons une influence sur les autres de par notre simple existence.

Mais vous, diplômés de Harvard de 2008, n’êtes-vous pas encore plus à même de toucher la vie des autres ? Votre intelligence, votre capacité à travailler dur, l’éducation que vous avez méritée et reçue, vous donnent un statut unique, et d’uniques responsabilités. Même votre nationalité vous met à l’écart. La grande majorité d’entre vous appartient à la dernière superpuissance du monde. Votre manière de voter, votre manière de vivre, votre manière de manifester, la pression que vous mettez sur votre gouvernement, ont un impact bien au-delà de vos frontières. C’est là votre privilège et votre fardeau.

Si vous choisissez de faire usage de votre statut et de votre influence pour faire retentir votre voix au nom de ceux qui n’en ont pas ; si vous choisissez de vous identifier non pas aux puissants, mais aux impuissants ; si vous conservez l’aptitude de vous imaginer dans la vie de ceux qui n’ont pas vos avantages, alors ce ne seront pas seulement vos familles fières de vous qui célébrerons votre existence, mais des milliers et des millions de personnes dont vous avez aidé à améliorer la réalité. Nous n’avons pas besoin de magie pour changer le monde, nous portons déjà tout le pouvoir nécessaire en nous : nous avons le pouvoir d’imaginer un monde meilleur.

J’en ai presque fini. J’ai un dernier espoir pour vous, quelque chose que je partageais déjà à 21 ans. Les amis à côté de qui j’étais assise le jour de ma remise de diplôme ont été des amis pour toute ma vie. Ce sont les parrains et les marraines de mes enfants, les gens vers qui je me suis tournée quand les temps étaient durs, les amis qui ont eu la gentillesse de ne pas me faire un procès quand j’ai utilisé leur nom pour un Mangemort. Lors de notre remise de diplôme, nous étions liés par une immense affection, par notre expérience commune d’une époque que nous ne vivrions jamais de nouveau et, bien sûr, par l’assurance que nous avions en notre possession certaines preuves photographiques qui vaudraient de l’or si jamais l’un d’entre nous briguait le poste de Premier Ministre.

Alors aujourd’hui, je vous souhaite rien de mieux que des amitiés similaires. Et demain, j’espère que même si vous ne vous souvenez pas d’un seul mot que j’ai prononcé, vous vous souviendrez de ceux de Sénèque, un autre vieux Romain que j’ai rencontré lors de ma fuite dans le couloir des Langues anciennes, battant en retraite de l’échelle sociale, à la recherche de sagesses anciennes : ‘La vie est comme un conte : ce qui importe n’est pas sa longueur, mais sa valeur.’

Je vous souhaite à tous de très belles vies.

Merci beaucoup. »