[CRITIQUE] Au Cœur de la Magie : Le Making-Of – Les Animaux Fantastiques — Ian Nathan (HarperCollins, Novembre 2016)

Dernière mise à jour : le 27 avril 2018

Lorsque j’ai appris au détour d’un article sur le site UniversHarryPotter.com que des livres-compagnons sur le film Les Animaux Fantastiques allaient être édités : tel un enfant, j’ai sauté de joie derrière mon pc (interloquant, au passage, ma compagne qui, ne partageant pas ma fanatitude, m’a pris pour un hystérique ^^).

Ben oui, il était inconcevable que ceux-ci ne viennent pas rejoindre les autres ouvrages sur Harry Potter ! Malheureusement, en ce mois de Novembre 2016 (le mois de leur sortie respective), je venais d’ajouter à ma collection livresque potterienne Le Grimoire des Objets Magiques de Jody Revenson ainsi que deux ou trois romans à ma PAL1… ainsi dire que mon compte bancaire me faisait grise mine… Donc, non sans avoir bataillé ferme avec une pulsion acheteuse, je me résignais alors à attendre le mois suivant afin d’assouvir ladite pulsion avec cette ‘nouvelle’ collection !

Mais le calvaire (n’ayons pas peur des mots) fut bien moins long qu’attendu grâce à la générosité de HarperCollins France. Mon bonheur fut à son comble lorsqu’en allant au courrier un matin, je découvris dans ma boite à lettres un énorme paquet en provenance desdites éditions ! Je n’avais nul besoin de l’ouvrir pour en connaître le contenu, dans la mesure où je savais très précisément de quoi il en retournait. Mais encore une fois, tel un gamin recevant son cadeau à Noël, je suis retourné chez moi souriant jusqu’aux oreilles et sautant d’une joie extatique. Non sans difficulté, j’ai donc freiné cette hystérie afin de m’imposer une ouverture de l’enveloppe matelassée avec le flegme qui incombait et ce, également pour ne pas risquer d’abîmer quoi que ce soit… Accompagné d’une carte de visite de la maison d’édition avec un petit message manuscrit de l’adorable Romy (qui est chargée de la Communication Digitale chez HC France et que je ne remercierai jamais assez), j’avais enfin dans les mains un des livres basés sur le film, Au Cœur de la Magie : Le Making-Of – Les Animaux Fantastiques !

Pourquoi cet enthousiasme exacerbé ? Dois-je me répéter ? C’est aussi parce que parmi tous les livres entourant la sortie du film, c’est celui qui fascine le plus les adeptes de secrets de tournage et qu’il est toujours bon découvrir l’envers du décor, de pénétrer côté-coulisses de cette immense machinerie magique ! Même si on bénéficie d’un tel résultat une fois devant l’écran, l’occasion est rare de pouvoir en saisir chaque subtilités autrement qu’avec un guide aussi complet. Ce livre-objet permet alors de revenir en détails sur tout ce que le film nous montre dans la globalité mais sur quoi – porté par le rythme de l’histoire – on n’a pas la possibilité de s’attarder (et pourtant, j’ai l’expérience avec la saga Harry Potter, d’être très observateur ).

Avant de poursuivre, il convient de dire qu’il s’agit là de ce que j’appelle un bel objet de collection ! Oui, pour moi, c’est un bel objet : grand format, couverture reliée et rigide, pages en papier glacé richement illustrées et émaillé par des ornements art-déco très à propos !

Aussi, après un avant-propos rédigé par l’acteur Eddie Redmayne qui interprète (selon moi) un Newt Scamander/Norbert Dragonneau et un Poufsouffle avec brio, on poursuit avec un entretien du producteur David Heyman. On cède ensuite la place à une table des matières qui permet d’avoir une vue d’ensemble sur ce qu’il y a à découvrir au travers des pages de ce making-of : c’est appréciable de pouvoir se rendre au chapitre qui nous intéresse le plus (surtout quand on ne sait pas où donner de la tête tellement tout est intéressant).

Les illustrations (photos de tournages et dessins préparatoires) qui parsèment l’ensemble des 128 pages et quelques de cet ouvrage sont sublimes et permettent de revenir et surtout s’attarder sur des choses qui passent bien trop rapidement à l’écran : ici on est vraiment dans l’approfondissement méticuleux de cette adaptation cinématographique. En parcourant lesdites pages, on a comme une impression d’être privilégiés, de pouvoir découvrir tous les secrets et les petites anecdotes du tournage. C’est aussi assez immersif : cela procure l’effet d’entrer dans la peau des personnages propulsés dans les fabuleux décors.

En parlant de personnages, leurs fiches sont très enrichies en détails : elles introduisent la conception tant biographique qu’esthétique de chacun d’eux (l’accessoiriste Pierre Bohanna a imaginé une baguette au style unique et symbolique, autant que nulle autre que la styliste – attitrée de Tim Burton – Colleen Atwood qui a conçu une ligne de vêtement restituant dans leur mise et leur allure, l’âme du personnage). On y perçoit totalement le trait de caractères de nos héros. Les confessions des acteurs qui viennent les compléter apportent vraiment un avantage indéniable pour comprendre comment ils ont appréhendé leur rôle et la façon dont ils se sont préparés pour les porter à l’écran.

Pour revenir à l’équipe technique, celle-ci revient sur la création des décors, des costumes et de l’univers du Magizoologiste. Les curieux et/ou passionnés du Monde des Sorciers de J.K. Rowling™ sont enchantés d’admirer, via les encarts appropriés, le souci du détail effectué sur chaque baguette et qui est malheureusement invisible à l’écran. Par ailleurs, de nombreux chapitres reviennent avec soin sur un aspect primordial de ce premier volet : la reconstitution historique. Cette entreprise est d’autant plus réussie qu’il n’a jamais été associé par le passé, les 20’s au genre Fantastique ! Ainsi, c’est avec de nombreuses photographies d’époque en référence, que l’auteur du présent ouvrage Ian Nathan nous laisse tout le loisir d’observer les décors du New-York de briques et d’acier du début du XXème siècle.

Ensuite, l’ouvrage nous transporte doucement vers les créations qui m’enthousiasment énormément et qui procure tout l’ambiance « Année folles » au film : les créations des comparses Eduardo Lima et Miraphora Mina, que l’on trouve disséminées partout dans ce livre. Ils avaient déjà magnifiquement œuvré pour l’univers Harry Potter et je vénère leur travail (je suis un fan immodéré atteint de collectionite aigüe lorsque cela concerne les nombreux fac-similés officiels de leur travail ^^) ! Ce sont des graphistes hors-pairs qui excellent dans la re-création de tout l’ensemble sérigraphico-visuel nécessaire dans ce film (journaux, fausses publicités, papiers personnels et officiels, enseignes…). Et c’est dire s’il y en a ! Mais pour Les Animaux Fantastiques, le travail est à plus forte raison admirable puisqu’en plus de recréer un visuel propre au Monde des Sorciers de J.K. Rowling™, il a fallu le faire cohabiter avec le style art-déco inhérent aux 20’s. Le rendu final est franchement magnifique : les affiches du groupuscule anti-sorcier, la publicité élégante à l’entrée du bar clandestin ou encore les encarts de publicité pour balais volants… tout respire l’authenticité en dépit de l’accent fantastique des créations !

Enfin, j’ai cœur à revenir sur un aspect important dans cet univers et qui n’est pas exempt dans ce film : la traduction française ! C’est un aspect qui m’est et m’a toujours été cher. Il n’est pas aisé de transposer dans une autre langue l’univers de l’auteure sans en dénaturer la richesse historico-sémantique (ce qui, à l’instar des célèbres « mots-valises Carroliens », est appelé « Potterspeak » ou encore « rowlinguismes »2 avec ses allitérations, ses assonances, ses contrepèteries et autres jeux de mots qui lui sont chers), mais Mr Ménard s’en fort admirablement sorti ! Autant vous l’avouer de suite, l’équipe d’adaptation en version française du film a fait saigner mes oreilles lorsque je suis allé voir le film au cinéma : mention honorable à PorpentinE pour PorpentinA, Croyance pour Credence, Fidèles de Salem pour Seconds Salemers (qui sont, dans ce livre, fort bien repris en tant que Seconds de Salem) ou encore la traduction malheureuse (mais probablement malaisée en français) de la référence au Quidditch lors du passage où notre héros est interpellé par Mary Lou Bellebosse…

Or, dans cet ouvrage, à défaut de ne pas reprendre les francisations du film (ce dont je vous remercie), vous créez une certaine incohérence pour les lecteurs. Pour autant, je vous remercie d’apporter une traduction française absente du film pour des rowlinguismes tels que « The Blind Pig » (qui devient « Le Cochon Aveugle ») ou encore « The New Salem Philantropic Society » (« La Fondation Philantropique pour du Nouveau Salem ») et « The New York Ghost » (« Le Fantôme de New York »)… Toutefois, je regrette dans le présent ouvrage que le « Transfiguration Today » devienne le « Métamorphose Aujourd’hui » alors que le traducteur français officiel pour les éditions Gallimard Jeunesse, Mr Jean-François Ménard, était parvenu à trouver le parfait « Mensuel de la Métamorphose » (même si cette traduction lui prête une périodicité qui n’a pas lieu en vo, elle a le mérite de conserver l’allitération) !

En bref, je recommande cet ouvrage à tous les fans du JK Rowling’s Wizarding World™ ! À tous ceux qui veulent pousser l’expérience plus loin en découvrant tous les secrets et les anecdotes du tournage du film Les Animaux Fantastiques. Pour tous les amoureux de beaux livres, celui-ci vous plongera dans un univers empli de magie et vous fera découvrir l’envers du décor de cette superbe production cinématographique.

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1 :Jargon utilisé par les lecteurs-addicts signifiant ‘Pile A Lire’ et se rapportant à la pile de livres qu’ils possèdent mais qu’ils n’ont pas encore lu.
2 :Néologisme inventé par Walter Galadriel, qu’il explique dans son livre : The Ultimate Unofficial Guide to the Mysteries of Harry Potter, Niles, Illinois : Wizarding Wolrd Press, 2003

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